Un poète : Paul Meunier

contre la guerre
« La noble guerre est faite par des parasites, des entremetteurs, des larrons, des brigands, des rustres, des imbéciles,des débiteurs insolents, en somme par le rebut de la société et nullement par des philosophes veillant sous la lampe. »  Érasme, Éloge de la folie, XXIII.


Après la guerre


SALE GUERRE
QUAND FERA-T-IL JOUR ?

Irak ! Irak !

Au faiseur de guerre
IL

Je sors

GUANTANAMO ?
AU BOUT DU CONTE
Au Loup !
C’était un p’tit organiste
LA POURRITURE…
Moi, l'IRAKIEN
LA VIE À BAGDAD
PLAIES
GUERRE ET PAIX
LA LIBERTÉ DÉBOULONNÉE
JOIE
MAL HEURE
RUMSFELD

DEMAIN…APRÈS-DEMAIN !

L'occupant/l'occupé
NOUS AVIONS RAISON
PUISQUE NOUS AVONS GAGNÉ !
BABEL
QUI ?
LA PAIX
CROIX OU CROISSANT ?
ORdures

Le temps

ÉVEILLÉ
RWANDA

SALE GUERRE

+

La paix est en alarme. ARME !
Devant le dollar qui fait du charme. ARME !
Pour devenir de la planète le gendarme. ARME !
Écoutez des canons et des bombes le vacarme. ARME !
Entremêlé de sang et de larmes. ARMES !
Gouverner la planète l’emballe. BALLES !
La PAIX, le Président n’y pense guère. GUERRE !
Il n’a que ce mot à la bouche. BUSH !
Toutes les excuses sont bonnes pour aller au but. OBUS !
Avant le tout petit Texan, la vie pacifique nous l’avions. AVIONS !
La guerre, il ne peut rien lui refuser. FUSÉES !
PAIX, où es-tu ? TUE !
La justice sera destituée ! TUÉE !
La fraternité abattue ! TUE !
La raison s’est-elle tue ? TUE !
Les faibles et les innocents ne peuvent-ils que s’évertuer ! TUER !
Que de vies iraquiennes seront prises aux entrailles ! MITRAILLES !
Et pour toujours se taire ! SOUS TERRE !
Bush, à tu et à toi avec la mort… des autres;
à tu et à toi ! TUE ! TOI ! TUE ! TOI ! TUE ! TOI ! TUE ! TOI !

+

Paul Meunier

Cercle des Poètes de la Montérégie
Loisir Littéraire du Québec
Société Littéraire de Laval
Auteurs de la Montérégie
La Compagnie des Philosophes

 

 

QUAND FERA-T-IL JOUR ?

+

Des corbeaux furtifs planent au-dessus des lacs de peur Tomahawks.

Les gâchettes plantent la mort dans les fronts.

L’effroi court dans les tranchées du cerveau.

Des centaines d’hommes s’évaporent au souffle bestial des bombes.

La terreur se taille aux visages.

La vie des enfants a la forme d’une larme.

Faim obscène d’entendre frire la chair au Nintendo.

Chaque bombe éclate comme un crachat.

Ballets d’aurores boréales calcinées dans leurs danses de mort programmée.

La démocratie s’avance sur les chenilles d’acier des chars d’assaut…

Les innocents écorchés vifs, n’ont pas assez de jambes pour allonger les
rubans ensanglantés de la fuite.

Les mères ont mal au cœur de leur famille.

Et ces becs crochus d’aigle étoilé aux yeux de proie couleur pétrole, emplumés de supériorité, leurs serres froides serrées aux crosses des fusils !

C’est l’automne avant le grand hiver.

Il fait nuit sur la paix !

Quand l’Homme se fera-t-il jour ?

+

Paul Meunier
24 mars 2003


Au faiseur de guerre


Chaque canon est un ouvre-boîte de la mort !
La fête noire
se prépare à accueillir le sang frais.
Le jour va sombrer
à cent mille regards innocents.
Toutes ces vies
agrippées au fil du discours d’un seul homme.
Déjà la souffrance retient son souffle
les os se préparent à craquer comme du bois sec
et des milliers d’oreilles entendent déjà hurler leur mort !
Je demande grâce pour le ciel bleu
sans bombardiers ni « gadgets » électroniques
afin que le jour ne reparte pas à zéro.
Faiseur de guerre
tu installes, en souriant, des paysages de glace dans les yeux !
Faiseur de guerre tu sèmes la fièvre du cadavre
dans le rituel du puissant
qui étouffe le faible dans ses pleurs !
Et tous ces mensonges
qui lâchent des chevaux d’épouvante
qui ruent des cavernes de silences dans les gorges
pour y noyer l’innocent dans le pétrole.
Que le bruit cassant des paroles de pouvoir suprême
rebrousse chemin jusqu’à l’Humain
ton égal, ton pareil, toi, sous un autre nom.
Je ne veux pas de paradis bricolé
avec des chairs brûlées, des entrailles déchirées et des crânes éclatés
par des armes dernier cri
qui tairont le dernier cri des petites gens
qui vont mourir
les mains ouvertes, les yeux exorbités d’impuissance
debout sur l’autel du sacrifice
de leur petit coin de terre.
Vous, les muets,
ne regardez pas vos mains; elles ont perdu leur blancheur !

Que le X de la PAIX
soit la croisée des peuples
la rencontre des quatre points de l’Univers
pour la VIE !


*
Paul Meunier
435 Chemin-des-Patriotes, Mt-St-Hilaire, J3H 3G5
Association des Auteurs de la Montérégie
Cercle des Poètes de la Montérégie
La Compagnie des Philosophes
Société Littéraire de Laval.
25 mars 2003



IL

IL parle.
IL parle au monde.
IL… SE parle par le micro.
IL SE jase devant la planète.
IL S’écoute S’écouter.
Nous L’écoutons S’écouter comme… S’IL nous parlait.
IL, IL, IL,IL, IL !
IL nous SE parle de LUI à LUI, par LUI en LUI et pour LUI.
IL S’écoute le qu’en dira-t-IL.
IL est la question et la réponse.
IL est une île.
IL, IL, IL, IL, IL. !
IL est l’auditoire.
IL est la voix… des peuples.
IL est LE seul à avoir le pas (…militaire ).
IL dicte !
IL DICTateur et à travers la démocratie.
IL dicte l’heure ( ÇA DAME le pion à la diplomatie ).*
IL, IL, IL, IL, IL !
IL dicte !
IL DICTionnaire de la vérité.
IL EST LE MONDE !!!!!!
et Bagdad est son BAG!

Paul Meunier
21 mars 2003


*Si ça ne va PAS WELL !
IL déBUSHera une bombe atomique
(… vive la bombe ATOMES COMIQUES, rit- IL ! ).
pour un grand lavage, un WASHingtonage
IL est les Etats-Unis de L’AMER HIC DU MORD.
une presqu’…IL de l’univers.

 

 

 

 

 

 

GUANTANAMO ?

Subito
pas de photos
ni de numéros
de toi, «l’Américo»
dans les journaux
à la Télé et à la radio
pour le populo.
Mais…Guantanamo !

Oh ! Mon gros
Les Afghans maigriots
que tu as saisis au lasso
dans ta tornado
trouvent-ils ça rigolo
dans tes cages Meccano
comme au zoo
de San-Francisco

À…Guantanamo ?

Dis, « Américo »
as-tu le même credo
quand tu deviens le… proprio
d’autres homos ?
Sont-ils un duo ?
Sont-ils ex-aequo
en tes tremolos ?


Guantanamo ! Guantanamo !


« Américo »
comment, dans tes cocoricos
pro-Deo
traites-tu tes alter-ego
déclarés « Méphistos » ?
Alors, « Américo »
interprètes-tu Genève in-extenso ???

Mais… Guantanamo !
Mais… Guantanamo !
Guantanamo !!!

Paul Meunier
26 mars

AU BOUT DU CONTE

++++

Les Américains
donnent à leurs armes
beaucoup de noms de peuplades amérindiennes
qu’ils ont malmenées
sinon presque… exterminées :
APACHE, SIOUX, CHICKSAW, CAYUSE
CHEYENNE, COMANCHE.
Et que dire de « l’intelligent « TOMAHAWK !
+
Quelle inconvenance !
Quel humour noir !
Quelle morgue dans la victoire ! ;
Baptiser leurs armes de destruction
du nom de leurs victimes !
+
Les « BONS » empruntant les noms des « MÉCHANTS » :
Les « MÉCHANTS » devenant « LES BONS » !
+
Quel CONTE DES MILLE et UNE NUITS !
+
Que les psychologues et les psychiatres
nous…bombardent de leurs explications !
+
La gloire de Sadam est assurée.
.+
À leurs prochains conflits
les fils spirituels de Bush
iront à la chasse aux humains avec des :
HUSSEIN, PALESTINC, BAGDAD, KABOUL
BEN LADEN, ARAFAT.

+

Quel conte à dormir de… BOUE

!+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Paul Meunier
28 mars

 

 

 

C’était un p’tit organiste

America de Bush
Tour de vent
Grand orgue EAGLE
Où grondent les marches militaires
Et funèbres

America de Bush
Tour de vent
Sinistre tuyau de vide rond
Où pleure l’amour déçu
À l’église WIND TRADE CENTER

America de Bush
Tour de vent
Du…plus grand des orgues
Où un petit organiste frénétique
Joue sa toccata de la mitraille :
« GOD IS AN AMERICAN »


Paul Meunier

29 mars

 

 

 

 

 

LA POURRITURE…

La guerre se décide
par les vieux
et s’accomplit
par les jeunes.


Les épis séchés
sacrifient
les blés en herbe.


Les jeunes au front !
Les vieux sur leurs fesses !


Les entre chiens et loups
envoient naître la mort
à même le sang de leurs enfants


Lumière neuve de l’aurore
teinte en rouge trou de balle.


La génération précédente
s’érige un piédestal
sur un ossuaire de jeunes os.

La pourriture
sent plus fort que le parfum des fleurs
…un certain temps !


*

Paul Meunier
31 mars 2003

LA VIE À BAGDAD

ZZZZiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiNNNNGGGGG !

Le ciel est un aquarium de pieuvres de feu.
Les tentacules de la mitraille
dansent au « théâtre des opérations » .

RAP ! RAP ! RAP ! RAP ! RAP ! RAP !

Les hélicoptères Apaches, papillons funèbres
remplacent le chant des oiseaux.

BOUUUMMMMM ! BOUUUMMMMM !

Les bombes creusent des sépulcres à la paix.

OUiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiNNN ! OUiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiNNN !

Les pleurs regardent pleurer les yeux des enfants.

OUCHHHHHHHHH ! OUCHHHHHHHHH !


Les têtes serpentines des missiles téléguidés
vont livrer la mort à domicile.

BOUOUOU ! BOUOUOU ! BOUOUOU !
Détresse de bétail cerné.
Frissons de proies vivantes.
La peur creuse le noir de la noirceur folle.

TAC ! TAC ! TAC ! TAC ! TAC ! TAC ! TAC !

Les soldats, les bras chargés d’armes
président le festin du néant.

BOUM ! ZING ! RAP ! TAC ! OUCHC ! OUIN ! BOU !

La nuit passe et repasse à longueur de journée.
Mille lumières fondent et s’effondrent à longueur de nuit.


BOUMMMM!

 

POUR QUE DEMAIN MEURE À JAMAIS !


Paul Meunier
01/04/03

PLAIES


Agnostiques de la fraternité
aux uniformes de…civilisation
dans Bagdad plaie

Soldats gadgets jusqu’aux dents
menottés au «meilleur des pays»
devenus leurs propres geôliers idéologiques
dans Bassora plaie

Les « BONS » lancent des bombes à fragmentations
semant leurs trophées «propres»
meute de cris d’horreur cloués aux tympans
à grandeur de ce mouroir, cadeau des… sauveurs

Les balles de la… démocratie
ressortent la longue nuit animale
Des millions de gouttes de sang empoisonné de peur
coulent des peaux trouées par leurs «frappes chirurgicales»

Et les hyènes aux babines hémoglobine
qui plantent leurs crocs approbateurs
contre l’égalité des humains et le respect de leurs territoires
pour des os nauséabonds

Le sang pleure
aux dizaines de milliers de tués en «dommages collatéraux»
La PAIX est trop grande pour certains dirigeants
devenus comptables de la mort

dans l’Irak plaie

 

 

 

Paul Meunier
08/04/03








LA LIBERTÉ DÉBOULONNÉE


La liberté tombe de l’arbre
et s’écrase au sol.

L’anarchie pourrit le fruit.

Sadam déboulonné est tombé sur la tête
comme son peuple.

Une main de fer gardait le silence.
Un million de mains s’agrippent au tout-permis.

Le passé de l’Irakien
lui remonte à la bouche en hoquets d’indigestion.
Folles ruées des faims.
Haleines de boîtes fermées.
Larmes moisies.

Plus de lèvres pour sourire.
Les canines s’affichent et mordent.

Peuple martyr ayant le choix
d’être dévoré par un lion
ou des millions de fourmis rouges.

Peuple en sursaut.
Pas de bronzage artificiel!
Ma peau et mon sable
chantent la mélodie du vrai soleil.

Nuages, ôtez-vous!
C’est notre petit coin de soleil !

Paul Meunier

JOIE

*
Cloisons roussies de poudre
ébranlées de blanc

La harpe fleurit
l’air purifié d’explosifs

L’été déborde
sur le vide enragé des canons

Je suis joie!

Chacun se devine
passé les mortes armes

Fini le baiser froid du bonheur
en attente aux gâchettes

Verte feuille d’olivier à l’iris ?

Je suis joie!

Regards des uns dans les autres

Mémoire d’enfance éveillée
à la beauté désarmante
de la main tendue

Je suis joie !

Les mots de paix
commencent-ils à parler juste ?

Combien de pleines lunes
tiendront-ils
au-dessus de la Syrie, de l’Iran, de…?

Joie ! Joie ! Ne me quitte pas!
*
Paul Meunier

RUMSFELD

Guerrier
aux mots ombragés
de caresses reptiliennes
avec doigts crochus de balles traçantes
dirigeant des essaims d’hélicoptères en veillées mortuaires

Guerrier
de la culture supérieure
pour qui les autres peuples sont des momies
à classer et dans les placards de l’Histoire

Guerrier
qui engraisse le pouvoir du plus fort
avec les excréments des bombes « parfaites »

Guerrier
qui fait trembler les minarets
thermomètres de la différence collés au ventre du ciel
pendant que les bombardiers accouchent de la démocratie

Guerrier
des Nations-Désunies
qui force des innocents à vivre à cœurs brûlés
à émietter leurs pas entre les fientes des missiles
du cantique d’enfer des « bons »

Guerrier
au service du PRÉSIDENT DE LA PLANÈTE
qui se canonise, se prie, s’adore, se veau d’orise.

Paul Meunier


DEMAIN…APRÈS-DEMAIN !


Tous ces oiseaux blancs
errants aux mains levées
sur le fouillis du ciel

Tous ces frottis de soupirs
sortis du creux des os
épuisés de blessures
et d’espoirs rétrécis

Tous ces yeux cartes mortuaires
désensablés de la peur
avec des barreaux à leurs iris

Toutes ces âmes dattes
dénoyautées d’elles-mêmes
qui attendent un tout petit ciel
de la grandeur d’une… colombe

L’Irak
sur ses vieilles jambes Tigre et Euphrate
veut retourner en amont de la mort

La vigilante pâleur d’un feu qui n’a pas voulu mourir
soulèvera le poids de la lumière noire
pour aller
la lune sous le bras
par-dessus les gueules de loups des cimetières
recommencer la Mésopotamie

 

Paul Meunier

NOUS AVIONS RAISON
PUISQUE NOUS AVONS GAGNÉ !

Guerriers attaquants!


Arroseurs de rage.
Soleils frelatrés.
Vendeurs d’enfer
en petits sachets de balles
avec petits trous pour le sang.

Mystiques
à coeurs défoncés
des bombes à fragmentations.

Démissionnaires de l’entente
camouflés derrière le Grand Art de la Tuerie
qui donne raison
à qui en tue le plus.

Évangélisateurs
du plus gros gourdin
selon Cro-Magnon.

Prédicateurs
de l’horrible Vérité
applaudie à coups de gachettes, de manettes...« nettes » :

Le Ciel n’est que d’un bord : le nôtre !

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX
EST EN MARCHE…FUNÈBRE !


Paul Meunier

BABEL

Mon souffle d’Irakien
à côté du vôtre
s’allume et s’éteint
autour du cœur.

Depuis trop longtemps!

L’attelage de mes poumons
course
autour de l’insécurité.

Jusqu’à quand?

Ma langue et ma terre
étouffent
une toux d’uranium apprauvi
Pour encore très longtemps!

La démocratie des autres
me dévaste d’inconnu.

Où suis-je

Si
Je ne suis pas chez-moi
sur mon sol
Si
mon passé
ne peut me déchiffrer
dans ce nouveau?

Nous avions une dictature
Imposée.
Nous aurons une démocratie
Imposée
!

Babel, c’était ici !

Paul Meunier

LA PAIX

La paix
aphasie de la mort
devant la main tendue.

Vie vivante
restée debout
au théâtre de la destruction
après les derniers applaudissements
de la poudre.

Paix
eau fraîche sur le front
des têtes sorties des explosions
un grand cercle calciné aux oreilles

Paix
prêteresse des déserts reverdis
au-dessus des fosses
remplies des pleurs séchés sur les os.

La paix
purgée du vide des balles
marche
dans la santé de la lumière
pour l’enterrement de la mort.

La paix
avance écrue
libre
deux soleils aux iris
pour qui ne peuvent plus voir
» l’autre »
ni la terre
ni ne se voir en tant qu’Humain.

Paix
odeur de foin coupé à l’aube
qui éteint les astres gris et les désastres noirs.

Paix
sourire
ressuscité de la mort vivace de la tuerie.
*
Paul Meunier

CROIX OU CROISSANT ?

Fondamentalisme.
Intégrisme.

Deux chiens de faïence en face à face.
Deux magiciens s’inoculent la rage.
Deux Grands Prêtres s’excommunient.

Je croix.
Je croissant.
Je croix en mon Dieu doré ( in God we trust ).
Je crois sans coups férir
à la victoire du chameau des sables contre le veau d’or.

Le Bien contre le Mal.
Votre Mal est notre Bien, c’est-à-dire : nos… biens !
Ma doctrine du Bush à oreille ( le téléphone…arabe)
les oblige à être « bon »
parce qu’ils nous obligent à être « mauvais »
pour la… « bonne » cause !
car le Mal va croissant.

Ils viennent planter la croixsade au « croissant fertile ».

Comme si le Tigre et l’Eupharate
se combattaient pour irriguer le pays.

La nappe est mise pour le banquet irakien.
Une nappe noire…
Nappe phréatique gonflée de pétrole…
BRUT !


Les croisés à la croisée des oléoducs.

Paul Meunier

Irak ! Irak !


Rire de l’eau dans les larmes.
Les cils blancs caressent la joie
qui goutte
pendue aux joues.

La feuille claire d’une oasis
boit le miroir de la lune
posé sur la brume délivrée de la pollution.

L’Humanité molle, pliée en deux
charnière du plus fort
sort de la vasière
une échelle à la voix
brandit des mots nettoyés d’herbes écrasées.

La caverne ombreuse
imposée le long des poumons
a trouvé la veine mère
qui chante au creux du cou
un sillon d’air léger.

Habiter une blessure
fardée de soumission.

Des mots neufs lapident l’ancien silence
des souvenirs du corps
affolés par les nerfs en éclats
sous la colère des bombes défonçant le ciel.

L’astre monte à la barre de la grève
s’affirme rond
gonflé d’une danse prête à flamber
roule sur le bleu chaud de la fièvre morte
les tisons de sa violence mise en terre.

1


L’échine du regard se redresse
plus haut que les trappes de noirceur
nouées aux os entrechoqués
séchés d’incompréhension
aux meurtres du feu…importé
trépanant les tympans
à la cuisson des chairs
du tournebroche des bombardiers.

Un vent doux voltige de palme en palme
transfiguré à l’écoute des cœurs piqués par les balles
et du jus de la langue, empoisonné de reproches
exhumés des éclairs fracturés.

L’odeur, affamée des liens dénoués
dérive, ajourée de fleurs
chavire les nuits fermées d’espoir
où les fruits de la civilisation
pelés, tranchés, triturés,
bouillaient
entre les quatre murailles du fourneau
des maisons compotiers.

Toute leur vie
cette contre musique de pile ou face avec la mort
cette frayère de sang
séquestrée
à l’archaïque mémoire de la bête de proie !

Le fardeau vulnérable du pouvoir de pierre
des grillages rouillés aux yeux et à la bouche
qui humiliaient l’Histoire
mourant lentement avec tout son peuple
a écrasé sa paralysie de désert
répandu une petite poignée de cendre
au reste de ses palais acides
où les doigts qui indiquaient les directions
étaient des armes blanches qui tranchaient la pulpe des êtres.

2.



Race de peur
goûteront-ils l’apesanteur de la paix ?
Passeront-ils du pourrissoir de la servitude
au banc poissonneux du Message fermenté
de la fraude des croyances irrationnelles
scandant leurs buissons de vent ?

Course primale
demie sauvagerie nocturne en plein jour
devant les profits sans gardiens :
Curée au Musée archéologique de Bagdad !
Des paupières en secousses de tornades
percent les chevelures pleines de la terre de leur tanière.
Des semelles extatiques galopent dans la sueur du troupeau.
Des mains jettent aux ordures
le respect pour l’enfance de leur civilisation.
La bestialité développée au corral des cibles vivantes
éructe
le saccage de leur âme iraquienne
et leur humaine grandeur emprisonnées dans les cages de verre
qu’ils fracassent de leurs bouts de chaînes de délivrés.

Tous les passés sont morts ! Envolés ! En volés ! VOLÉS !

L’attroupement de tant de désirs subitement délivrés
suppurent des crânes ensanglantés
de cette galaxie d’étoiles implosées.

Commotion de la parole déliée.
L’ombre frissonnante au grand jour
boit le feu fou !

Deux mondes opposés doivent composer
dans les rebuffades des croyances aux racines torses.

Une terre brûlé d’autorité
s’étend de tout son long au ravin du néant.

3.


Amers réveils d’orages et de rages
en corps à corps avec l’aurore
fourbus devant l’immensité du monde immonde.
Impressions de sillages au fond d’une mare d’eau sale.
Indigestion du fruit bio de la liberté.
Rires de printemps transformés en sirènes de couvre-feu.

Masse informes en procession d’épaules voûtées.
Peuple d’étincelles creuses en perséides.
Dentelle sacrée de chandelles éteintes sur les charniers.
Ils ont aimé leur terre à l’avaler !

Impossible Histoire.
Idylle délavée entre les larmes d’espérance et les reptations de la taupe.

Mais, le temps inter change les proies et les chasseurs.
Les trophées de souffrances sont caduques.

L’Histoire regarde le tueur et le tué
et déclare vainqueur celui qui a les mains vides.

Arrêter de relever des ruines !
Se lever. Bâtir. S’élever au-dessus des gravats.
Dévisser les haines.
Quitter l’itinéraire des insomnies.
Se rembourser de l’angoisse.
Cautériser les blessures des lames d’argent du papier monnaie
et les traces des lanières de la main toute puissante.
Agripper ses fragiles matins à la levée du soleil.
Ne pas restreindre la dimension des soifs.
Rêver d’eau jusqu’au cou !

Atteindre la hauteur du mot LIBRE !

4



Leurs mots auront des banderoles
pour réinventer le feu
endormir le trop plein de nuit
déchiqueter « le calendrier des opérations »
aux caves de pétrole sous leurs pieds.

Chacun se cicatrise
devant la mer étale qui attend
que chacun se rende…
jusqu’à lui-même !
Voir une pluie torrentielle de lumière
glisser sur les vents grand ouvert
au-delà des petites frontières de l’instinct
du petit ou du grand prédateur !

Les silences égorgés
ont troués les murs
crevés les eaux des drames
entreposés aux hangars de l’information.

Serons-ils encore pulvérisés de dictature
laissés à l’état de traces ?

Le rôle des empires
étant …d’empirer!

Soupirs d’eau affadie.
Les cils blancs
tâtent la joie tremblante
pendue aux joues.

 


20 mai 2003

Je sors

Je me glisse dans ce poème
comme on creuse le sol.


Je fouille le fond d’un trou.
La roche me défie.


Je sonde du bout de mon cerveau.


Cette roche ! Cette roche !
À la fois si brillante et sombre
tombée sur l’Irak !


Diamant du Bien ?
Charbon salissant des intérêts ?
Pierre philosophale ?
Pierre de construction ?
Pierre tombale ?


Le Plus Grand des Géologues
a ratissé le ciel
clôturé les continents.


Le monde est son « claim ».


Je sors de ce poème
pour ne plus entendre ses discours
en bulles de salive cariée !

Paul Meunier

 

 

AU LOUP !


Le WOLFOWITZ* ( loup/esprit ) sort de sa tanière :
Les armes de destruction massives : FAUX !
Le bunker de Sadam, sous son palais : FAUX !
La jeune militaire sauvée en pleine nuit : DU CINÉMA !


Durant ces jours semaines et ces semaines centenaires :
La guerre du « BIEN » incinère.

L’air pailleté d’uranium châtre les poumons.
Les balles douces comme joues de bébés
tracent leurs rigoles rouges.
Mitraillettes
ces pianistes folles qui ne jouent que sur les…noires.
Le soleil blasphème la poudre.
Galops affolés des chevauchées aux artères.

C’est la guerre du « BIEN » !

Peuple de mégots fumants dans leurs maisons cendriers.
Peuple de feuilles mortes,
la tête enfouie dans le marais des mains
qui voit crouler les étoiles
entend l’outretombe délirer depuis l’outremer.
La démence éparpille sa meute de frissons.
Un monstre invincible se taille des territoires à même leurs fronts.
Bêtes décervelées de terreur, cramponnées aux secondes.

C’est la guerre du « BIEN » !

Centaines de millions de voyeurs au petit écran.
Comment entendre, encore,
autant de langues au garde-à vous retentir de silence ?
L’ogre se nourrit par les bouches closes !


Le futur revient sur ses pas.
C’était donc ça le néolithique !

Le « BIEN » s’est suicidé en Irak !



Paul Meunier


* Paul WOLFOWITZ, adjoint de Donald RUMSFELD (de la nichée des faucons).

MOI, L’IRAKIEN


Mon visage
de plus en plus amaigri
à force de mourir
picoré des corbeaux du passé

De plus en plus emplumé
à force d’aigle installé

De plus en plus esseulé
dans la faiblesse
de l’à double tour des lèvres

Si je meurs de leur vie
à ma tête oasis
d’eau concassée ?

A P P A R E N C E S !

Nous sommes comme vos « pissenlits »
Une fois passés
les herbicides et autres poisons yankees
nous ouvrirons nos yeux.. OR
pour narguer
leur gazon de billets verts !

Paul Meunier

 

GUERRE ET PAIX

Au bout de la rue des Appétits
Il y a un lampadaire éteint.
Gros soupir blanc, le jour.
Tête noire, penchée sous la lune.

Au bout de la rue des Appétits
Il y a un lampadaire inutile
Allongé de tout son haut
Comme un dessin inachevé.

Au bout de la rue des Appétits
Il y a un lampadaire mort
Étrange mât, sans navire dans le brouillard.

Au bout de la rue des Appétits
Il y a un lampadaire éteint.
Malbrough, le plus riche de la rue
A détourné le courant vers son château
Fichant un serpent noir au fond de minuit.

« Vous pourrez dormir mieux et plus longtemps ! »

C’est ainsi que commença
la guerre du Noir et du Blanc ; la guerre du Bien et du Mal.
…car cette longue, longue perche d’aluminium
dressée contre le sol
c’est un axe du mal !

Paul Meunier


MAL HEURE

*

LA PAIX AUX YEUX CLOS
SOURIT CONFIANTE

L’ENTRE-DEUX GUERRES, LUI
NE DORT QUE D’UN ŒIL

CRIS DE RÉVEIL
ET L’HORAIRE DU MONDE PERD LE SOLEIL

L’HORREUR
S’ALLONGE NUE SUR LES CANINES DE LA VICTOIRE

…ET LA PAIX, A LES YEUX CLOS
D’UNE MORTE

*

PAUL MEUNIER

 

 

 

 

L’OCCUPANT / L’OCCUPÉ


Chaque jour
la tête lourde d’huile rance
rougeoie les heures imposées
aux vaincus.
Faiblesse des armes sophistiquées
érodées par le sel du mensonge
La VICTOIRE
bombardée pour une cause effroyablement blanche
tremble dans son piège.
Et le soleil qui ne commence jamais l’aurore !
Un mur s’approche des paroles des nouveaux venus
qui rugissent : LA PAIX ! LA PAIX !
Colportant la décadence du plus fort.
.
Arythmie de l’espoir.
Ce fruit, là, dans la poitrine, qui ne peut mûrir !
La guerre a tout blessé !
La colère fait semblant de dormir d’un œil !
La patience dévastée va crever ses eaux.
Une jungle s’engouffrera dans les veines ensablées
pour redonner l’enfance
à un nouveau monde sorti de l'Euphrate.

Paul Meunier

QUI ??????


Qui a les TRAMES DE DESTRUCTION MASSIVE
Sinon le PLUS FORT ?
Qui a les DRAMES DE DESTRUCTION MASSIVE
Sinon le PLUS FAIBLE ?
Qui a les LAMES DE DESTRUCTION MASSIVE
Sinon le PLUS FORT ?

Qui a les ALARMES DE DESTRUCTION MASSIVE
Sinon le PLUS FAIBLE ?
Qui a les ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE
Sinon le PLUS FORT ?
Qui a les LARMES DE DESTRUCTION MASSIVE
Sinon le PLUS FAIBLE ?

IRAKKKKKKKKKALACHNIKOV……..

IRAKAMIKAZE...........

HÉLAS!

 

Paul Meunier

RWANDA*

HUTUS ! TUTSIS ! HUTUS ! TUTSIS !

Racisme à vif, mariné dans le venin.

KIGALIiiiiii !

Les taillants parlent mort à coups brefs.
Machettes, faucheuses de bras et de jambes.
Des humains
tronçonnent comme on fait une coupe à blanc.
Les fauves tranchent, sortent la vie des corps.

CRIS iiiiiiiiiiiiiiiiii !

Les hurlements
épellent la ressemblance à tue-tête.
Yeux exorbités, criant leur demande d’amour.
Les morsures de lames
murs de glace, caressent la haine au fond des plaies.
Chute horrifiante du sang qui gicle et se vide.
Nuit de l’Homme jusqu’au bout de la bête.

CRIS iiiii ! KIGALIiiiii !

Mortelle épaisseur des cœurs de sauriens
qui nourrissent leurs rires à même les cadavres
et cultivent leur chaleur dans les sang de l’autre.
Les têtes s’ouvrent comme des courges.

La frayeur se redresse tout d’un cri iiiii !

L’horreur se dédouble
s’enivre de sa faiblesse intérieure
et de la faiblesse de son voisin qu’elle assassine.
Les gosiers se fêlent.
Les souffles s’étranglent de sang silencieux.
Nuit de l’Homme jusqu’au bout de la bête !

KIGALI iiiii ! CRIS iiiii ! TUERIE iiiii !

1.

Ordures


Terre afghane
lacérée par les griffes de l’Ours
déchiquetée par le bec et les serres de l’Aigle à tête blanche.
Blanc, couleur du Bien, du Beau, du Bon…

Les mains assassines de la guerre
y ont enseveli la mort à fleur d’herbe.
Pays injecté de mines « antipersonnel »
infesté de « sauteries » diaboliques
de petits bagnes à grandeur de pieds
qui détressent les artères de la chair.

Le poids de l’homme sur ces tueuses en conserve
déracinent la vie, la couche en « steak haché ».

Cris de toutes les couleurs de l’horreur agrippés aux tympans.
Noyade de lumière salée aux yeux.
Ciel sali de cruauté
mijoté sous la crinière de la bête retrouvée
des Bons carnassiers en habits de combat.

Peau galeuse du sol intouchable.
Table de silence où seul le vent s’aventure.
Montagnes, plaines, vallées, peuplées de cailloux
où des millions de silences de poudre attendent les pas
terre muette à perte de vue et de raison.

Ce peuple en peine d’amour avec l’humanité
meurt en pièces détachées.
L’Afghan se traîne au sous-sol de la fraternité
dans un rôle inhumain. D’INHUMÉ !
Pourquoi Afghanistan ? Pourquoi agonise tant ?
Les mines charognes sont des mines d’or !

Paul Meunier

 


HUTUS ! CRIiiiiiiS ! TUTSIS ! CRIiiiiiS !

Les grandes puissances, les yeux fermés, face l’effroi
taillé sur mesure pour l’extinction
se donnent l’état de grâce devant le coups de grâce
des manieurs de machettes, abcès à la purulence contagieuse
qui s’éviscèrent l’âme
en ouvrant le crâne de leurs frères.

ON ENTEND RiiiiiiiiiiEN !

Continuez à tournoyer, pourvoyeuses des fosses communes !
Nuit de l’homme jusqu’au bout de la bête !

ON NE SAIT RiiiiiiiiiiEN !

de la fureur incendiaire qui fait briller l’épouvante
sur les lames des ouvriers du meurtre.

GÉNOCiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiDE !

Tuerie incestueuse d’Africains
par des milliers de bourreaux gantés de sang caillé
ébréchant leur machettes sur les os.
Personne ne s’occupe de cette marée de voisins
qui tanche le soleil à même les yeux du voisin.

CARNASSiiiiiiiiiiiiiiERS !

Honte ! Honte ! À vous, les statufiés au pouvoir !
800,000 victimes mutilées, charcutées, abattues
comme vermine
800,000 martyrs saignent à l’abattoir de vos yeux fermés
pour tacher les pages de l’Histoire !
Vos bouches bées comme couronnes mortuaires fanées
pendent au monument de la fraternité abandonnée

pour votre rôle de gardien de nuit de l’Homme
jusqu’au bout de la bête !

L A V I E iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Paul Meunier

2.
*En appui au général Roméo Dallaire

ÉVEILLÉ

Etre éveillé
c’est avoir les yeux ouverts
non la bouche pour y tenir de propos…ronflants.

Etre éveillé
c’est …rêver à un idéal. Tenir des propos…songés.

Etre éveillé
c’est ne pas s’endormir avec de beaux principes.

Un éveilleur
est un réveille-matin du monde
un soleil montant.
Mais pas un soleil qui tape sur la tête
un midi zélé qui conduit à la…sieste.

Un éveilleur est discret
ne fait pas tourner les têtes.
Sinon un zèle intempestif fera dire :
« Pourtant, elles tournent ! »
Ce serait la preuve par Galilée
d’une méthode à mette en…dormance .

Paul Meunier