De ma plume sortent
Des oiseaux qui vont mourir
Au large de ma page
Leurs cris ressemblent à des
Chants de marins
Qui se brisent contre la vague
Se déchirent dans les cordages

J’ai pourtant dessiné
La courbe de l’envol
Avec tant de soin
Que mes doigts sont figés
Sur le désir

Aujourd’hui les oiseaux
Sont revenus
Tirer à la courte paille
Choisir la plume qui libérera
Le désir du haut vol

J’ai assisté au cérémonial
D’une plume
Promise au plus merveilleux
Des destins

L’oiseau a pris son vol
Sur la piste du désir
Déjà le large
Battant le souvenir

Je reste là
Sur la plage
Une plume d’oiseau à la main
Le cœur un peu froissé
Comme la page de mon carnet

©Georges Beaulieu
Carquois, vol 8, no 3, février 2009