Une rose écorchée bleuit
(Paul Éluard, Poésie et vérité)

 

Elle remarque soudain un soupçon d'air salin
Puis le bruissement d'une aile
Tendue sur le large.
Soudain l'air dissipe le brouillard.
Les rochers déchirent le coton.
Chaque roche révèle son fou de Bassan.
Avec le soleil dans la lagune, le roc se met à frémir
Comme moisson d'avoine.

C'est encore le commencement du monde.
Elle le reconnaît
Écorchée vive par tant de beauté.

Georges Beaulieu

Myriam Joachim et les autres, Jongleries, Sherbrooke, Éditions du CRP, Université de Sherbrooke, 1998, p. 58.


©Georges Beaulieu
Septembre 1998